télégramme du 13 décembre 2008




     À l'aube de son 20 e anniversaire, l'association des Amis de la Maison Marie-Henry, au Pouldu, se verra proposer par son président une mise en sommeil lors de l'assemblée générale prévue vendredi prochain. C'est le dernier épisode d'un conflit ouvert depuis quelques mois avec la nouvelle municipalité : celle-ci ne veut plus lui verser de subvention, et souhaite mettre en place une autre association aux objectifs culturels plus étendus, animée par la personne... que les « Amis » avaient licenciée cet été. Bref, le torchon brûle !



    Maison Marie-Henry. Projet de mise en sommeil


     Le torchon continue à brûler entre la mairie de Clohars et l'association des Amis de la Maison Marie-Henry. Lors de sa prochaine assemblée générale, celle-ci proposera aux adhérents de se mettre en sommeil.Le licenciement d'Anne-Marie Chiron, la responsable de la Maison, fin août, avait mis le feu aux poudres, et depuis, le climat est toujours tendu. Le maire avait annoncé lors du dernier conseil municipal, le 17 octobre, qu'il prévoyait la création d'une association culturelle au champ plus vaste, et qu'une mission serait confiée à Anne-Marie Chiron pour organiser notamment le 20 e anniversaire de la fameuse Maison. Pour couronner le tout, à la mairie mais aussi semble-t-il parmi certains adhérents de l'association, une irritation certaine est apparue quand ils ont appris, mardi matin, par Le Télégramme, que le bureau des « Amis » avait vendu discrètement aux Amis du musée de Pont-Aven une oeuvre emblématique, puisque réalisée au Pouldu : « Élévation », de Charles Filiger. Cette irritation est réciproque, si l'on en juge par la teneur de l'ordre du jour adressé aux adhérents avant l'assemblée générale de l'association, prévue vendredi prochain.

« L'arrêt de la subvention »

Ce texte énumère tout d'abord les souhaits du nouveau maire. « M. Juloux », indique cet ordre du jour, « a annoncé l'arrêt de la subvention accordée à l'association », et « veut la suppression de l'association des Amis de la Maison Marie-Henry, appréciant que la volonté politique n'est plus en phase avec la structure actuelle ». Selon cet ordre du jour, le maire veut aussi « la création d'une nouvelle association, dans laquelle devront figurer davantage de membres résidant à Clohars, davantage d'artistes, davantage d'administrateurs, avec des membres de droit de la municipalité, et dans laquelle il ne devra pas y avoir de membres élus de l'opposition au conseil municipal dans le nouveau bureau ». On sait que le président actuel, Francis Jégou, est membre de cette opposition...

« Changement d'objet »

Et ce texte de poursuivre : « La municipalité ne pouvant embaucher en tant que cadre permanent Mme Chiron, puisqu'elle n'a pas les diplômes exigés pour la fonction publique territoriale, le maire souhaite l'embauche par cette nouvelle association de Mme Chiron avec une nouvelle grille indiciaire, et à qui seraient confiés les arts et la culture dans la commune et la politique culturelle au sein de cette association. » Le maire souhaite enfin, selon l'ordre du jour, « l'élargissement des statuts de la nouvelle association et le changement d'objet, qui deviendrait : « Organiser des expositions, faire vivre les lieux dédiés aux arts, favoriser la création artistique, contribuer à l'implication locale d'artistes et de créateurs dans le domaine des arts visuels et des arts plastiques ». Une nouvelle convention serait donc signée. Ces projets municipaux hérissent le bureau de l'association actuelle. Il suffit de lire une des résolutions qui seront soumises aux adhérents vendredi pour s'en convaincre. La voici.

« Pas concevable »

« Étant donné que l'association a géré et animé la Maison Marie-Henry depuis bientôt 20 ans, qu'elle lui a donné une renommée internationale, qu'elle a respecté les statuts qui la régissent, qu'elle n'a pas commis de fautes de gestion, que sa situation financière n'est pas déficitaire, mais que la suppression de la subvention municipale ne lui permet plus d'accomplir l'ensemble de ses buts ; que d'autre part il n'est pas concevable d'être contraints de travailler à nouveau avec Anne-Marie Chiron, puisque l'expérience de cette collaboration a déjà été faite et qu'elle a mené à constater ses limites professionnelles, aboutissant à son licenciement ; qu'enfin Monsieur le Maire ne peut pas décider seul de la dissolution de l'association ; l'assemblée décide la mise en sommeil de l'Association des Amis de la Maison Marie-Henry. »
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