JEAN RENAULT - La théatralité chahutée de la peinture

Le texte d'Yvon Le Bras, d'une solide érudition, introduit les grands chapitres et accompagne le lecteur dans la connaissance et l'intrerprétation des  oeuvres, sous forme de longues légendes. Jean Renault, né en 1934 à Rennes est établi depuis le début des années 80 à Clohars-Carnoët (29), où il se consacre entièrement à la peinture. Son style unique et la grande cohérence de ses oeuvres, souvent conçues comme des éléments de cycles longs, le place d'emblée parmi les grands : utilisation de la mythologie antique, réécritures de peintres classiques (Le Tintoret);  Jean Renault a créé des  oeuvres pour les conserveries Capitaine Cook, pour Le Minor à Pont-L'abbé  Il expose régulièrement en et hors de Bretagne et réunit plusieurs cycles dans divers catalogues publiés. Yvon Le Bras est enseignant et critique d'art. A Quimper il s'occupe entre autres de formation en histoire de l'art, pour le compte des musées de la ville : Musée départemental, Musée des beaux-arts, Le Quartier Centre d'art contemporain.


Parution : 2004
Format : Relié toile + jaquette
Poids : 1,390 kg
Taille : 23,7 x 29,7 cm
200 pages


Jean Renault, , est de ces peintres que l'on ne peut classer, à la fois si passionnément fidèle à l'histoire de la peinture, et si énergiquement moderne par le(s) style(s), et surtout par la réflexion profonde sur le monde et les formes, qui sous-tend l'ensemble de son travail. Celui-ci, partiellement présenté en catalogues au gré des expositions, n'avait jusqu'alors fait l'objet d'aucune étude de fond. Alors même qu'une contribution majeure était demandée à Renault au centre de Kerpape, près de Lorient, dans un des plus importants chantiers actuels de mécénat public. Le présent ouvrage du critique Yvon Le Bras fait plus que combler ce manque : l'auteur ambitionne de dévoiler, par une longue présence à l'atelier, la poïétique de l'oeuvre, « l'oeuvre se faisant ».

« À la veille d'achever ces travaux, je suis déjà nostalgique de ce que je ne découvrirai plus. J'ai le sentiment d'avoir vécu une expérience intellectuelle et humaine unique et intense, que seule la procédure critique a pu mener si loin. Je suis redevable à Jean Renault de m'avoir permis d'approcher et de pressentir la puissance de la liberté de l'art. Au contact de cette oeuvre partiellement ignorée, vierge de toute analyse, j'ai pu, pour la première fois, développer une approche personnelle, à l'écart des mots des autres, en éprouvant le vertige d'emprunter une voie non balisée. Curieusement, de ces longs mois passés à travailler et réfléchir sur l'oeuvre d'un artiste, il me reste des anecdotes et des sensations: l'odeur âcre du cigare toscan de mon interlocuteur qui imprégnait la moindre toile, le moindre papier, le moindre poil de pinceau de son atelier... les salutations habituelles et presque minutées de madame Renault, maîtresse discrète des lieux... la lumière du « laboratoire central » de Kerguivarec par un ciel d'orage et l'éclat des verrières sur la charpente massive du métier à tisser dont la présence donnait avec humour une dimension presque mythologique aux défis de l'artiste... ».