Récit d'un tournage: "l'Oie de Gauguin"

Publié le par ebft

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Le 13 novembre 2009, l’Association des Amis de la Maison Marie Henry a reçu un message urgent de Katia Chapoutier qui préparait un documentaire télévisé sur l’Oie de Gauguin, pour France 5. Katia Chapoutier est journaliste et réalisatrice de documentaires, spécialisée dans le monde de la culture, elle est aussi correspondante de Radio-Canada. Elle a fait partie du jury de la section « Un certain Regard » du Festival de Cannes.

Elle était à la recherche de toute personne ayant participé à la reconstitution de la maison de Marie Henry et recherchait des pistes, des conseils et des lieux pouvant évoquer la vie de l’époque pour son film.  

Tout naturellement, Eric Bienfait et moi-même avons répondu favorablement à cette demande qui ne pouvait qu’apporter un éclairage sérieux sur la richesse du patrimoine culturel du Pouldu en diffusant au niveau national et à une heure de grande écoute cet épisode de l’art qui nous passionne.

Quand Katia Chapoutier m’a téléphoné, nous avons longuement parlé de la reconstitution de la Maison Marie Henry, de toutes les  personnes qui avaient participé à cette aventure depuis 1985 et de l’histoire de Gauguin et des œuvres créées chez Marie Henry. Les péripéties de L’Oie peinte, en 1889,  dans la salle à manger de la Buvette de la Plage étant le fil rouge de la vie de ces personnages et de l’auberge.

J’ai vécu tous ces épisodes et aujourd’hui il reste peu de personnes pouvant témoigner sur ces évènements. Dans nos échanges, nous avons parlé de Jean-Marie Cusinberche, documentaliste et concepteur de la reconstitution, et des nombreux autres protagonistes,  d’Isabelle Cahn, conservatrice du Musée d’Orsay, qui recevrait « l’Oie » présentée dans l’exposition « Meijer de Haan, le maître caché » après le Musée historique juif à Amsterdam et avant qu’André Cariou, directeur du Musée des Beaux Arts de Quimper, ne reçoive à son tour cette exposition et de Frédéric Bigot, directeur du Musée départemental du Prieuré à St Germain en Laye, qui intervenaient aussi dans la préparation du film.

Ensuite nous avons continué à échanger par téléphone, par courrier et par mail.

Au fur et à mesure de nos réponses à ses questions, Katia Chapoutier réfléchissait à la manière de mettre en images les épisodes que nous racontions. Nous avons transmis les adresses des contacts à joindre pour obtenir des autorisations, envoyé ou numérisé des articles, des documents, des renseignements, des photos, des archives que nous détenons.

Bien sûr, nous avons accordé gracieusement les droits d'utilisation, de reproduction et de diffusion de l'ensemble des documents communiqués pour la réalisation du  reportage.

Katia Chapoutier nous transmettait ses ébauches de scénario et le synopsis a été plusieurs fois remanié. Par exemple, on souhaitait faire une séquence de tournage dans le cloître de l’abbaye de Ste Croix à Quimperlé, pour illustrer le procès de Gauguin en 1894, mais le tribunal devait être  vidé de ses meubles début décembre,  suite à la réforme de la carte judiciaire.  Le tournage étant  prévu les 14, 15 et 16 décembre, seules les séquences prévues aux Archives Départementales de Quimper pouvaient être filmées.

Quelques jours avant le tournage, Katia Chapoutier m’a dit que nous allions tourner à la Buvette de la Plage, le matin, pour une question de lumière.  Nous étions hors saison,  je lui ai donc demandé si la municipalité était prévenue et si elle avait prévu quelqu’un pour ouvrir et préparer la maison. Elle m’a rassurée sur ces points.

Le matin du 16 décembre 2009, je suis allée rejoindre Katia Chapoutier à son hôtel à Pont Aven à 8h30 et nous sommes partis, avec Jean-Jacques Vogelbach, le preneur de son, et Damien Augeyrolles, le caméraman,  dans le véhicule de l’équipe de tournage pour rejoindre le Pouldu, où Eric Bienfait nous attendait.

Le tournage n'a pas été facile, la municipalité de Clohars-Carnoët ayant demandé l'arrêt des prises de vues car on ne voulait pas que je sois filmée à l’intérieur de la Buvette et j’ai ressenti beaucoup d’hostilité à mon égard, d'où mon stress devant la caméra. La réalisatrice a dû s’absenter pour répondre au maire, désorganisant le programme de la journée. L’équipe a fait preuve de professionnalisme et de gentillesse envers nous. Nous sommes partis en retard à Quimper, où l’on nous attendait aux Archives Départementales, pour tourner les séquences sur le litige qui opposait Gauguin à Marie Henry avec les pièces à l’appui. Nous y avons rencontré une responsable patiente et intéressée qui n’a jamais regardé sa montre malgré le temps qui passait.

Le montage du film a commencé début janvier 2010. Après le visionnage avec le producteur, Katia Chapoutier nous a demandé d’autres documents  pour développer certains aspects de la vie de Marie Henry. Le processus de création a suivi son cours et nous avons pu découvrir, comme tous les autres téléspectateurs, le reportage inédit de la collection Enquête d'Art sur "L'Oie" peinte par Paul Gauguin dans la salle à manger de Marie Henry au Pouldu, dans l'émission "Un soir au Musée" sur France 5, le jeudi 3 juin 2010 à 21h 30.

Selon Katia Chapoutier et dixit France 5, la chaine a fait un carton d'audience ce soir là. Presque le double de l'audience habituelle!

Ghislaine HUON

 

Voir également nos articles:

 

éclairage sur "L'Oie" de Paul Gauguin

 

Reportage sur l'oie de Gauguin, Un soir au musée des Beaux-Arts de Quimper

 

Les secrets de l'oie dans la Maison marie Henry

 

Pourquoi une oie dans la salle à manger ?

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