Le décor de Maurice Denis au Vésinet pourra être restauré 2/2

Publié le par ebft

Comme l'écris Didier Rykner, un lé a presque entièrement brûlé (ill. 6). Un autre, qui pendait du plafond, a été déposé et pourra être restauré avant d’être reposé. Un comité scientifique a été désigné qui devra se prononcer sur la restauration. Si une grande partie du décor pourra être retrouvé, il faudra choisir entre certaines options. Que faire, notamment, pour remplacer la partie entièrement disparue ? Plusieurs solutions sont possibles : ne rien faire et laisser la pierre nue ou peinte avec une couleur neutre, évoquer la composition de manière graphique, avec un dessin en évoquant les grandes lignes ou faire une copie. La seconde paraît la plus raisonnable, plutôt que de faire un faux qui pourrait rendre confuse la vision de l’ensemble.

 

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ill.6 Maurice Denis (1870-1943) Chapelle du Sacré-Cœur après l’incendie de juillet 2009
Photo prise le 21 mai 2010 après étude et début de restauration
A gauche, le lé a été presque totalement détruit
Le Vésinet, église Sainte-Marguerite Photo : Didier Rykner

 

Le vitrail détruit, en revanche, sera restitué à l’identique ce qui ne pose pas de problème particulier. Curieusement, l’incendie a permis de retrouver un autre vitrail que l’on pensait disparu. Celui-ci se trouvait au-dessus de la peinture représentant La Crucifixion, mais le mur était maçonné à cet endroit (ill. 7) et tout le monde pensait qu’il avait disparu ou qu’il n’avait jamais été réalisé.

 

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ill.7 Chapelle du Sacré-Cœur après l’incendie de juillet 2009
Emplacement d’un vitrail représentant la Rédemption occulté par du ciment
Le vitrail se trouve encore conservé dessous.
Photo prise le 21 mai 2010 après étude et début de restauration
Le Vésinet, église Sainte-Marguerite Photo : Didier Rykner

 

On s’est aperçu pendant l’étude de restauration que ce vitrail existait toujours derrière la maçonnerie, visible de l’extérieur mais seulement en montant sur le toit et en l’examinant de près. Le carton est conservé au Musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye (ill. 8).

 

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ill.8 Maurice Denis (1870-1943) Rédemption
Carton, Saint-Germain-en-Laye, Musée Maurice Denis Photo : D. R.

 

Autre conséquence de l’incendie : les guirlandes de fleurs que l’on peut voir dans la chapelle qui lui fait pendant (ill. 9), également peintes par Maurice Denis et qui n’étaient plus visibles sont conservées et pourront être dégagées. De même, la niche qui contenait une sculpture de saint Joseph, murée mais que l’on peut voir de l’extérieur, sera dégagée.

 

Denis Niche

 

ill.9 Maurice Denis (1870-1943) Chapelle de la Vierge
Le Vésinet, église Sainte-Marguerite Photo : Didier Rykner

 

Signalons que les pouvoirs publics, aussi bien le ministère de la Culture que la municipalité, ont réagi très rapidement à cette catastrophe. A peine un mois après le sinistre, Frédéric Mitterrand, en déplacement dans les Yvelines, s’est rendu sur place pour constater les dégâts et assurer que le ministère jouerait son rôle dans la restauration. Si une grande partie pourra être prise en charge par les assurances puisqu’il s’agit d’un accident, les négociations sont longues dans ce genre d’affaire et il fallait agir d’urgence. La municipalité a pris en charge tous les coûts, permettant la construction d’un échafaudage et le financement de l’étude et des premiers travaux (ill. 10).

 

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ill.10 Restauratrice en train de nettoyer les peintures de la chapelle du Sacré Cœur Photo : Nicolas Thouvenin

 

 

Il reste à espérer que la bonne volonté de tous ira jusqu’au bout et permettra non seulement la restauration de la chapelle mais aussi de l’intégralité du décor peint du déambulatoire, entièrement dû à Maurice Denis.

 

Didier Rykner (la tribune de l'art)

 

 

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