François Béalu au musée des Beaux-Arts de Quimper

Publié le par ebft

André Cariou, conservateur du musée, Gilbert Gramoullé, adjoint à la culture, Nathalie Galissot, conservateur et commissaire de l’exposition.

La nouvelle exposition du musée des Beaux-Arts nous porte dans l'univers méconnu et étrange de François Béalu.

L'artiste au parcours atypique, natif d'Orléans, a choisi le Trégor, pour cadre de son travail. Auparavant il a été libraire à « La Mandragore » à Paris, non loin de la gare Montparnasse. Un lieu incontournable pour les passionnés de fantastique ou de science-fiction. Mais secrètement, une autre passion l'habitait. Le dessin et la gravure.

En 1963, il grave sa première planche. En 1971, il quitte Paris pour la Bretagne. Il vit près de la terre et son oeuvre en est enrichie. Ses aquatintes superbes, au noir velouté évoquent un paysage minéral avec parfois des inscriptions, des formes qui ne sont pas sans rappeler l'art pariétal.

Puis il se tourne vers le corps humain et utilise une autre technique, la pointe sèche qui lui donne plus de liberté. Il n'exclut pas pour autant le paysage qu'il offre en morceaux choisis et que l'on retrouve dans Eloge de la friche, un livre écrit avec Gilles Clément, théoricien du paysage.

Souffrance, violence

Plus tard, il abordera d'autres techniques pour tendre vers un dessin plus épuré, avec crayon gris, gouache, aquarelle pour « Le bleu des failles », « Le vent des ogives » . Tout un programme entre lignes et transparences, lumière.

Puis, le corps revient dans des formes oppressantes. Les anatomies sont en souffrance entre la violence du sujet et la douceur du trait de l'artiste, de la séduction de l'image. L'exposition s'achève avec des corps dessinés sur d'anciens paysages « Destruction-transmutation », une réflexion sur la dureté des temps sur les corps.

À l'étage du musée, de superbes dessins à l'encre, au lavis, offrent des évocations de voyages au Maroc, en Tunisie. L'exposition est à voir parallèlement à celle de la médiathèque, une heureuse collaboration entre le dessin et l'écriture.

Un film de Julien Béalu montre le travail de François Béalu, qui, signalons-le, est le neveu de Marcel Béalu, ami de Max Jacob. Exposition du 22 octobre au 25 janvier.

 

Ouvert tous les jours, de 10 h à 12 h et de14 h à 18 h. Gratuit le dimanche après-midi du 1er novembre au 31 mars.

Source Ouest France édition du jeudi 22 octobre 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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