Dans les ombres de Rodin, un reportage vidéo de l'exposition

Publié le par ebft

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Nathalie Gallissot, conservatrice au musée des Beaux-Arts de Quimper, a relevé le pari d'expliquer le travail de Rodin à partir de ce plâtre original d'atelier

Longtemps considéré comme une copie, le plâtre original des Ombres de Rodin a fait l'objet d'une restauration exemplaire et sert de point de départ à une exposition au musée des Beaux-Arts de Quimper. Ouverture aujourd'hui.


«Il y a l'aventure d'une oeuvre qu'on redécouvre, car il s'agit d'un plâtre original d'atelier acheté par l'État du vivant de l'artiste, en 1909, mais aussi le pari, à partir d'une oeuvre de Rodin, d'essayer d'expliquer la pratique du sculpteur: la répétition, l'agrandissement ou la fragmentation des figures», commente Nathalie Gallissot, conservatrice du musée des Beaux-Arts de Quimper. Le plâtre d'atelier original des Ombres fut déposé en 1914 par le fonds national d'art contemporain au musée des Beaux-Arts de Quimper, où, considéré comme une copie parmi d'autres, il tomba dans l'oubli. L'intérêt porté, il y a six ou sept ans, par le musée Rodin a permis à l'oeuvre, qui avait perdu deux bras, de retrouver son statut et son intégrité.


reportage vidéo de David Cormier

Inspiré par la Divine comédie de Dante


Les Ombres, dont le nom évoque les âmes des damnés, est un groupe de trois figures dominant «La porte de l'Enfer», oeuvre majeure d'AugusteRodin, commandée par l'État en 1880 et destinée à un musée des arts décoratifs qui ne vit jamais le jour. L'artiste s'est directement inspiré de Dante et de sa description de l'Enfer dans la «Divine comédie». Il n'existe que sept portes en fonte dans le monde, dont une seule en France, dans les jardins du Musée Rodin, à Paris. «Quand on pense à Rodin, on pense tous au Penseur, alors qu'il a été créé lui aussi pour "La porte de l'Enfer"», précise Nathalie Gallissot. Déclinant le thème de l'ombre, l'exposition présente, à travers une dizaine de sculptures en plâtre ou en bronze, mais aussi une série exceptionnelle de dessins, le travail de Rodin et les différentes étapes de sa recherche artistique. «Le début de sa recherche, c'est le dessin. Quand il a reçu la commande de "La porte de l'Enfer", il avait le livre de Dante dans sa poche et il disait de Dante que c'était un sculpteur», souligne la conservatrice. «Niobide blessée», une oeuvre de CamilleClaudel, témoigne, quant à elle, de «l'étonnante proximité de recherche entre les deux artistes» et de ce qu'a pu apporter la collaboratrice, la maîtresse, la muse, à l'oeuvre de Rodin.

Secrets d'ateliers

L'exposition, qui s'ouvre sur une oeuvre monumentale de Rodin, «La grande Ombre», un bronze magnifié par la patine du temps, tout droit sorti des jardins du musée des Beaux-Arts de Lyon, s'achève sur des photographies réalisées à l'époque de la création des Ombres, le plus souvent sur les indications du sculpteur lui-même. Parallèlement à cette exposition, le service éducatif a créé de toutes pièces une salle à vocation pédagogique dédiée aux enfants. «Secrets d'ateliers» propose ainsi jeux et manipulations permettant de découvrir la démarche de l'artiste. Modeler un buste, mimer les Ombres ou encore assembler de manière originale les membres d'un corps sont autant de moyens ludiques d'approcher l'univers riche et complexe du sculpteur.

Pratique
Exposition temporaire «Rodin, les Ombres»,
du 5 mars au 7 juin, au musée des Beaux-Arts de Quimper. Tél.02.98.95.45.20. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Tarif: 4,50 €, réduit: 2,50 €. Gratuit les dimanches de mars.


Source le télégramme édition du 4 mars 2010

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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