Claude Huart expose à la galerie d'Estienne de Pont-scorff

Publié le par ebft

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Ce soir, il faudra se hâter pour entrer dans la galerie d'Estienne de Pont-Scorff, qui crée l'événement pictural de l'été, avec le vernissage des dernières peintures de l'artiste Claude Huart, grand spécialiste (entre autres) de la technique de gravure dite du bois perdu. C'est toujours du sable, de l'écume, des roches, des palmes et de l'herbe. Et c'est toujours de la poésie, qu'il s'agisse de paysages de Bretagne, des Seychelles (son dernier voyage) ou de Bora Bora. Pourquoi les peintres de l'anse du Pouldu sont-ils toujours ainsi habités par la lumière féconde des îles ? Gauguin, Bernard, Sérusier, Loiseau, Laval, Maufra... Un peu plus tard, mais dans la droite lignée, Huart ! Ce qui frappe, c'est la grande homogénéité du travail de l'artiste. Les aquarelles sont aussi lumineuses que les couleurs des fruits des pays de là-bas. Les couleurs éclaboussent les toiles des panoramas bretons. Les toiles sont heureuses, sereines. Très curieux, le choix des couleurs se situe sur une gamme de tonalités froides. L'habileté du peintre, c'est de provoquer l'inversion de ce sentiment, grâce à l'ajout, souvent en position centrale, de couleurs chaudes, comme des jaunes canari ou des orangés qui n'ont rien à envier aux fruits sanguins du même nom, les plus mûrs. Le graphisme léger renforce cette impression, et si, sur la toile, les arbres se tourmentent, c'est qu'à l'intérieur de l'âme tout est calme et volupté. Huart, c'est encore une amitié féconde avec Xavier Grall, Le Gouic, M.F. Le Drian, et tout le monde connaît le portrait gravé de Glenmor, plus vrai que nature... Un maître de la gravure Né en Picardie, Claude Huart poursuit des études littéraires puis plastiques à Valenciennes. Il découvre la Bretagne par le biais de Coëtquidan, et s'installe à Lorient. Professeur d'arts plastiques, il démissionne au bout de trois ans, et fonde, en 61, avec Joubioux et d'autres, l'actuelle École des Beaux-Arts. Directeur de l'école, de 61 à 86, « sa manière » d'être se retrouve dans les travaux de nombreux jeunes artistes locaux. Claude Huart travaille souvent la gravure sur bois perdu, technique qui consiste à peindre à l'envers sur le bois. Par dépôts de couleurs successives, on obtient le tableau en pressant la planche sur le papier. « Le paradoxe, et le plus amusant dans l'affaire, c'est que tout ce que l'on veut garder, on l'enlève », explique-t-il. De fait, la gouge ôte des copeaux qui laissent des espaces vierges, aériens, légers. Exposition visible du 10 juillet au 29 août, de 14 h à 19 h 30, à la galerie d'Estienne de Pont-Scorff. Conférence libre intitulée : « Sur les traces des peintres de l'École de Pont-Aven et du Pouldu »; de 16 h à 21 h, par le maître, sous les combles de l'atelier. Conversations privilégiées autour des paysages lumineux de Claude Huart, digne héritier des peintres du Pouldu.

Source Le Télégramme édition du 9 Juin 1998

Publié dans Claude Huart

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