Alexis Poliakoff reconstitue l'oeuvre picturale de son père

Publié le par ebft

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Entretien avec Alexis Poliakoff, fils du peintre Serge Poliakoff, figure majeure de l'abstraction lyrique au XX e siècle.


Votre père a séjourné à Concarneau, connaissiez-vous les lieux ?

C'est une découverte. Aujourd'hui je suis allé à Concarneau et demain je me rendrai au château de Kériolet à Beuzec-Conq, où mon père a séjourné une dizaine de jours lors de l'exode en juin 1940. De ce séjour, il reste quelques dessins. Je connais plus la région de Quiberon pour m'y être rendu de temps en temps avec mon père les dernières années de sa vie.


Quel homme était votre père ?

Mon père a vécu de la musique, il était guitariste, jusqu'à ses 50 ans, puis après de la peinture. C'était également un grand seigneur. Comme les autres peintres, il était fauché et malgré cela vivait avec beaucoup de passion. Il a toujours fait des efforts pour que je ne manque de rien. Ma mère l'a beaucoup soutenue et faisait un travail d'archivage de son oeuvre. Lui s'en fichait.


Que pensez-vous de cette exposition ?

C'est un peu toute ma vie qui est représentée ici. La plupart des tableaux proviennent de ma collection. Je suis très heureux d'être ici. Historiquement, d'une certaine façon, nous sommes dans le berceau de l'art abstrait, et mon père aurait certainement accepté d'exposer à cet endroit.


Vous travaillez au catalogue raisonné de votre père...

Oui depuis 30 ans, et sérieusement depuis une dizaine d'années. J'achève le troisième volume, un quatrième suivra. L'oeuvre de mon père est très importante, avec 4 000 gouaches, dessins, peintures et beaucoup d'oeuvres figuratives d'avant-guerre. Les gens reconnaissent que je fais un travail exemplaire. Mais j'ai une telle passion pour son oeuvre ! Je suis un bon héritier.


Que représentent tous ces tableaux pour vous ?

Ils sont presque des petits frères pour moi. Quand au grès de mes visites dans les musées, les expositions, je redécouvre un tableau, je peux dire : tient celui-là, je l'ai eu trois ans dans ma chambre. Je me souviens d'un séjour à Berlin, il faisait gris, il pleuvait. Et sur un mur du musée je découvre un Picasso, un Delaunay... et un Poliakoff. J'en ai oublié la grisaille, j'étais heureux.

Source Ouest france édition du 1er Février 2010

Publié dans musée de Pont-Aven

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