Les gravures d’Adolphe BEAUFRERE à la villa SAINT-JULIEN

Publié le par ebft


Saint-Julien a été le prieuré des moines hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, des moines-soldats, qui s’étaient établis à l’embouchure de la Laïta.

Les Frères Hospitaliers, aussi nommés Chevaliers de St-Jean de Jérusalem, ensuite chevaliers de Rhodes et enfin Chevaliers de Malte appartiennent à un ordre qui fut établi à Jérusalem après la prise de cette ville par les Croisés en 1099 : il avait initialement pour but de recevoir les pèlerins, de pourvoir à leurs besoins et de les soigner dans leurs maladies. Il se chargea, à partir de 1121, de les défendre par les armes contre les attaques des Musulmans, et devint ainsi un ordre à la fois religieux et militaire.

A Saint-Julien, ils assuraient le passage de la rivière, l’hébergement et le transport des pèlerins vers l’île aux Moines, d’où ceux-ci repartaient pour Saint-Jacques de Compostelle.

De chaque côté du portail de la villa, on peut voir des coquilles sculptées dans la pierre.

 

Aujourd’hui, la statue de Saint-Julien, qui est le patron des passeurs, se trouve, à Lanmar’ch, dans la chapelle de Saint-Maudet à droite de l’entrée. Il est revêtu d’une armure comportant cuirasse, cuissards, jambière, une lance à la main (désormais disparue) et nous montre, dans sa main gauche, un livre ouvert . Le premier cadastre de 1823, désigne tout le coin sous le toponyme de « An Hospital » car le secteur était sous la dépendance du prieuré de Saint-Julien.

 

En 1894, Paul Gauguin est de retour au Pouldu, avec sa nouvelle maîtresse, Annah la javanaise, âgée de treize ans, un singe et un perroquet. Ils se rendent à La Buvette de la Plage, mais Marie Henry n’est plus là. Elle a loué son auberge à Mademoiselle Rose Trivière qui refuse de loger ces originaux.  Alors, ils vont s’installer au Bas-Pouldu, dans la villa Saint-Joseph, dépendance de l’Hôtel Portier, louée par le peintre polonais Slewinski et sa femme, à côté du manoir de Kerdro.

Ensuite, après s’être cassé la jambe dans une bagarre à Concarneau, la convalescence venue, Gauguin fait de fréquents séjours au Bas-Pouldu où il retrouve ses amis, Filiger et Roderic O’Conor, qui est devenu le mécène du groupe, tous deux initiés  au procédé de gravure à l’eau-forte par Armand Séguin. Gauguin, avec eux, travaille cette technique, entouré de figues, d’amandes et du bleu des hortensias. Avec l’ami Moret, ils se rassemblent autour de la table de Slewinski.

A la fin de l’été Gauguin quitte définitivement la Bretagne.

 

En 1898, Roderic O’Conor rencontre sur son chemin un jeune peintre de 22 ans, originaire de Quimperlé, qui se nomme Adolphe Beaufrère. Ce jeune homme est le protégé de Gustave Moreau qui l’a fait rentrer dans son atelier parisien et lui conseille d’étudier les gravures de Rembrandt et de Dürer.

En 1900, Slewinski acquiert la propriété du « Kerdro » et Filiger déménage au hameau de Lanmar’ch, près de la chapelle de Saint-Maudet. En 1903, il descend à l’Hôtel Portier, au port, puis en avril 1904, il se rend au hameau de Kersellec où il demeurera jusqu’en 1905, date à laquelle il quitte le Pouldu.

Adolphe Beaufrère s’installe à Kersulé en 1909, là où vécut Charles Filiger de 1893 à 1900.

 

Dans les années 1950, la villa Saint-Julien était la propriété du couple Pierre Carpentier et Madeleine Fialip, tous deux nés en 1896. Madeleine Fialip avait fait l’Ecole de Sèvres. Pierre Carpentier était inspecteur d’anglais. Ensemble, ils rédigeaient les célèbres livres d’anglais destinés à l’enseignement des élèves de lycée. En été, ils recevaient de nombreux intellectuels anglais, américains, beaucoup d’agrégés en mathématiques, physique et langues étrangères. Au milieu des années cinquante, la chapelle de Saint-Maudet se trouvant trop petite, surtout l’été, le couple Carpentier-Fialip eut l’idée de la construction d’une nouvelle chapelle au Pouldu. Pierre Brunerie, architecte quimperlois, était le voisin immédiat du couple. Il fit les plans et l’étude financière de la construction. Mais le projet s’avéra trop coûteux et s’est ainsi que fut décidé le rachat de la chapelle de Nizon qui a été démontée, transportée et remontée au Pouldu, en bordure de l’actuelle rue du Philosophe Alain, dans l’enclos de Madame Nestour qui avait fait don du terrain et souhaitait, en contrepartie, qu’elle fut dédiée à Notre Dame de la Paix.

 

A l’occasion du vingtième anniversaire de la reconstitution historique de la Maison Marie Henry, ancienne Buvette de la Page, l’Association des Amis de la Maison Marie Henry présente au public sa propre collection des gravures d’Adolphe Beaufrère (période 1907-1947).

Trente deux œuvres, étudiant des paysages cloharsiens : Le Pouldu, Kernévenas, Saint-Maurice, Porsmoric, le Quinquis, Cotonard, Doëlan, sont exposées, les vendredi, samedi, dimanche et lundi, jusqu’à la fin du mois de septembre 2009 au 10 Villa Saint-Julien au Pouldu.

Ghislaine HUON

Publié dans Adolphe Beaufrère

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