Expo Elléouët (2/5). À la marge du surréalisme

Publié le par ebft


Dans les couloirs de l'exposition Yves Elléouët, au Musée des Beaux-Arts de Quimper, les visiteurs découvrent la série consacrée à la peinture automatique.

Deuxième volet de la série sur Yves Elléouët, peintre surréaliste, qui fut l'ami et le beau-fils d'André Breton. Portrait d'un artiste solitaire et marginal, toujours en quête de lui-même.

«Yves Elléouët était surréaliste avant de rencontrer André Breton, et peintre avant de fréquenter le critique Charles Estienne», raconte André Cariou, le directeur du musée des Beaux-Arts de Quimper qui consacre, tout l'été, une rétrospective à cet artiste du XXesiècle. De fait, Yves Elléouët était surréaliste dès son plus jeune âge. Un autoportrait, réalisé en 1952, alors qu'il était élève à l'école technique des arts appliqués, révèle déjà un style emprunt de cubisme et de fauvisme. L'exposition montre également une série de cadavres exquis, des dessins effectués les yeux fermés, et des thèmes astrals. Autant d'expériences chères au mouvement surréaliste.

La rencontre avec Breton

En 1955, sa rencontre avec Breton, le chef de file du surréalisme qui deviendra ensuite son beau-père, fut décisive. Cependant, sans cesse en marge du mouvement, Elléouët refusait d'intégrer le cercle très restreint des amis d'André Breton. Il voyait même dans les réunions du groupe «un rituel épouvantable, et un jeu très cruel», selon André Cariou. Yves Elléouët accepta néanmoins de participer à deux expositions internationales du surréalisme en 1959, où il exposa une toile-objet «Frôler la nuit» -de loin son oeuvre la plus surréaliste-, puis en 1961.
Cependant, son style moins figé, navigant entre paysages figuratifs et imaginaires, se détachait du mouvement et cherchait son propre terrain.


La peinture automatique

Si ses coups de pinceau rappellent ceux de Tanguy, Dali, ou encore Kandinsk
y, Yves
Elléouët fut surtout influencé par Charles Estienne, critique d'art au journal Combat devenu ensuite son ami. Tous deux partageaient la même vision du surréalisme, délaissant la construction des images revendiquées par Magritte pour la peinture automatique. Une technique dérivée de l'écriture automatique lancée par Paul Eluard ou encore Louis Aragon. «Une démarche très instinctive qui ne permet pas de retour en arrière», explique André Cariou. «Cette technique, censée mettre à jour son inconscient, révélait un monde plus abstrait, moins imagé», ajoute le conservateur. Ce n'est que plus tard, sur la fin de sa courte vie, et après avoir écrit deux romans, qu'Yves Elléouët reviendra à la peinture figurative. De larges plans colorés superposés, où l'on distingue le ciel, la mer, des maisons ou des champs, et qui témoignent d'une certaine forme d'apaisement.

Source le Télégramme édition du 19 Août 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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