Expo Elléouët (1/5). Derrière l'écrivain, le peintre

Publié le par ebft


«La Chouette», gouache sur papier, 1958, par Yves Elléouët (Musée des Beaux-Arts de Rennes).

La rétrospective sur Yves Elléouët, au Musée des Beaux-Arts de Quimper, est l'occasion d'une série de cinq éclairages sur cet artiste multiforme.

On connaît l'écrivain pour sa poésie et ses deux oeuvres majeures: «Les Rois de Bretagne» et «Falc'hun», publiées au milieu des années 70. Mais beaucoup ignorent qu'Yves Elléouët fut aussi un peintre torturé, en perpétuelle quête d'identité. Sa vie trop courte ? il est mort à l'âge de 43 ans ? tiraillée entre l'écriture et la peinture, est fidèlement évoquée par l'exposition que lui consacre le Musée des Beaux-Arts de Quimper, jusqu'au 14septembre. Il s'agit là de la première manifestation consacrée à l'artiste, depuis sa rétrospective au musée de Morlaix, en 1983. Un hommage indispensable, pour cet artiste peu connu du grand public.

Un homme désintéressé

«Dans les années 1980, quelques oeuvres ont été exposées à la mairie de Quimper, raconte André Cariou, le conservateur du Musée des Beaux-Arts. Mais en visitant l'exposition, je n'ai rien compris à l'oeuvre d'Elléouët, trop complexe et disparate. J'ai alors réalisé qu'on connaissait peu de chose sur sa peinture, qui apparaît comme le parent pauvre». Ainsi, après trente ans d'oubli, le conservateur a voulu rétablir la balance et raconter l'histoire du peintre Elléouët. «Un artiste libre et indépendant, très difficile à situer». Un surréaliste avant l'heure, adepte des cadavres exquis et de la peinture automatique. Mais surtout «un homme désintéressé qui n'a jamais pensé sa carrière», insiste André Cariou.

Explorer le monde

L'artiste trop tôt disparu laisse une oeuvre diverse et inachevée. Une centaine de toiles qui courent sur quatre ans (1958-1961) et oscillent entre le figuratif et l'abstrait, l'art primitif et diverses expériences surréalistes. Un travail difficile à déchiffrer, interrompu par de longues périodes d'écriture en 1968, puis en 1974. Si beaucoup d'interrogations demeurent encore aujourd'hui, le conservateur affirme qu'«il ne faut pas aborder l'artiste comme quelqu'un qui a progressé». André Cariou dénombre en effet de belles réussites et autant d'échecs. Il y voit des influences variées allant de Charles Estienne à Salvador Dali, et rappelle que l'homme a, avant tout, voulu «explorer le monde».



Source Le Télégramme édition du 15 Août 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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