Peintres roumains (5/5). Prix élevés, toiles gardées

Publié le par ebft


«Intérieur à Vitré», huile sur toile, 1883-1884, par Nicolae Grigorescu (Collection Musée national d'art de Roumanie, galerie d'art roumain moderne).

Dernier volet de notre série consacrée à l'exposition «Peintres roumains en Bretagne» au Musée breton. Avec l'intraitable Nicolae Grigorescu.

Intraitable sur les prix de ses oeuvres bretonnes, Nicolae Grigorescu (1838-1907). L'une desconservatrices du Musée national d'art de Roumanie, Monica Enache, rappelle sa singulière propension à fixer des tarifs très élevésàces tableaux-ci lorsqu'il exposait. Pourquoi?: «Afin de s'assurer qu'aucun acheteur ne puisse les acquérir», rapporte la spécialiste dans le catalogue de l'exposition (Ed. Palantines). Pour quelle raison? Confidence de l'intéressé consignée dans un livre, en roumain: «Ces toiles me rappellent de si beaux jours chaque fois que je les regarde!». Nicolae Grigorescu a parcouru la Bretagne à plusieurs reprises entre1876 et1887. D'abord dans «les pas des impressionnistes», très influencé par les peintures des Monet, Renoir ou Pissarro. L'exposition du Musée breton présente notamment une série d'huiles sur bois ou sur toile, petits formats, qui montrent des rues et maisons à pans de bois de Vitré (Ille-et-Vilaine).

Palette lumineuse

«D'autres artistes roumains y viendront après lui, tel Ghoerghe Petrascu, dont nous présentons aussi des oeuvres, même si, contrairement à ce qu'on avait pu constater avec les Russes et les Polonais, il n'y a pas eu véritablement parmi eux un chef de file, un incitateur de leurs voyages en Bretagne», fait remarquer Margareth Le Guellec. C'est en tout cas en Bretagne, imprégné des lumières sans cesse changeantes que Grigorescu imprime une inflexion à sa peinture. Au cours de son second grand séjour entre1880 et1887, sa «palette devient lumineuse et abandonne définitivement les contrastes dramatiques, les ombres graves de l'étape Barbizon», souligne Monica Enache.

Pas de chef-d'oeuvre

Ce n'est pas rien. Car l'école de Barbizon, l'inspiration trouvée chez Corot, Courbet et Millet ont d'abord beaucoup conditionné la progression artistique de Nicolae Grigorescu. Et, à travers lui, la peinture roumaine de l'époque, insiste la conservatrice. Le paysage figure au coeur de l'oeuvre. Qu'on ne s'y trompe pas pour autant: pas plus les oeuvres de Grigorescu que celles de ses compatriotes exposées cet été n'ont laissé une trace de choix dans l'Histoire de l'art européenne. «Il ne faut pas y chercher de chef-d'oeuvre, convient la directrice adjointe du Musée breton, mais des témoignages supplémentaires de la perception que les artistes étrangers avaient de la Bretagne». Prochain rendez-vous, probablement en 2011, avec ces artistes étrangers. Dont la provenance est donc tenue secrète.

Source Le Télégramme édition du 13 Août 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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