Les peintres roumains (2/5). La fresque inachevée

Publié le par ebft

«Madame Kitty (Concarneau)», huile sur papier collé sur carton, 1930, par Constantin Petrescu-Dragoe. Esquisse pour la mystérieuse fresque (Collection Musée national d'art de Roumanie, galerie d'art roumain moderne).

Second volet de notre série consacrée à l'expo «Peintres roumains en Bretagne» présentée au Musée breton. Avec l'auteur d'une mystérieuse fresque inachevée.
«Chaque tableau pèse 85kg! Du fabriqué sur mesure» divulgue la directrice adjointe du Musée breton. Margareth LeGuellec désigne une série de cinq fusains sur panneau de papier qui décrit une «Histoire du port de Concarneau». Elle est signée Constantin Petrescu-Dragoe (1887-1937). À dire vrai, les commissaires de l'exposition, comme tout un chacun, savent peu de chose sur cet artiste roumain, qui voyagea au début des années 1930 dans le Finistère, en particulier à Quimper et Concarneau. C'est là qu'on lui commanda une imposante peinture murale, vraisemblablement pour un hôtel. Un ensemble, qui figure le port de Concarneau et auquel il s'attela un jour de 1931. Qui passa commande? «Nous n'avons pas été en mesure, à ce jour, de retrouver la moindre trace du commanditaire», regrette la conservatrice adjointe du Musée breton.

Lemordant, De Belay

Est-on en présence, toutes proportions et talents gardés, d'un projet comparable à la fresque réalisée entre 1905 et 1907 par Jean-Julien Lemordant pour l'hôtel de l'Épée, devenu Café de l'Épée (rue du Parc)? Ou comparable aux décorations murales créées en 1923 par Pierre de Belay pour l'hôtel Ker Moor de Bénodet? Voire la fresque de l'hôtel des frères Pascal (Quimper) réalisée par leur ami Lionel Floch en 1929 et qui orne aujourd'hui les murs de la Villa Tri Men à Sainte-Marine? Nul ne sait en véritépuisque le projet demeura à l'état d'esquisses. Des esquisses longtemps conservées dans la pénombre des réserves du Musée national des arts de Roumanie et montrées en 1967 à l'occasion de la seule rétrospective jamais dédiée en Roumanie à l'oeuvre de Petrescu-Dragoe.

Cinq scènes concarnoises

Que dévoile ce projet de fresque? En cinq scènes, il croque la fabrication des barques, le transport des filets, le déchargement du thon, le poissonnier et le marché aux poteries.
Foule nombreuse, personnages statiques et patrimoine architectural local en arrière-plan. Édifiant! «On sait que l'artiste a réalisé énormément de portraits, de croquis, d'esquisses dans la région pour alimenter ce travail monumental. Mais on ne sait pas expliquer pourquoi il n'a pu l'achever. C'est en tout cas la fin de son expérience bretonne», conclut Margareth Le Guellec.

Source Le Télégramme édition du 10 Août 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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