«La Vision du Sermon». Ruée vers Gauguin

Publié le par ebft

17.000 visiteurs depuis le 6mars alors que l'exposition Matisse l'an passé, déjà un excellent cru, avait attiré 8.000 visiteurs. «La Vision du Sermon» de Paul Gauguin suscite un gros engouement public. Les visiteurs ne sont pas déçus. Comme lundi dernier.

Gauguin ne savait pas dessiner les pieds. Granchi Taylor a bien essayé de lui apprendre, mais il a renoncé», a expliqué le guide Pascal Le Boëdec. «Et moi j'ai fait les pieds comme lui», constate Colette à la sortie de la salle d'exposition. Pour un peu, la petite dame serait dépitée. Mais non. Venue spécialement des Côtes-d'Armor Colette est littéralement enchantée, ce lundi de Pâques, de découvrir le tableau qu'elle a patiemment reproduit pendant une quinzaine de jours. Le modèle était une photographie prise dans un livre sur Gauguin. «Mon rouge est un peu plus foncé, l'aile de l'ange plus verticale, mais autrement, c'est pareil, dit Colette. Gauguin, c'est finalement pas si difficile à copier». Colette, ce lundi, était accompagnée par Luc et Marie-Annick. Lui est médecin au centre de rééducation de Plémet. Colette peint seulement l'après-midi. Le matin l'ancienne bouchère qui a découvert la peinture il y a peu, est en soins. Le trio n'aurait surtout pas manqué ce rendez-vous quimpérois avec la Vision du sermon. «C'est une histoire qui fait la synthèse de l'art, l'amitié et même les problèmes médicaux de la hanche que nous traitons», sourit Luc. Il fait allusion au combat de Jacob blessé à la hanche lors de son combat avec l'Ange: c'est la scène clé de la Vision du sermon.

Saisis par la force du tableau

Ce tableau peint par Gauguin en 1888 est le chef-d'oeuvre de cette belle exposition du Musée des Beaux-arts. Sa découverte est l'aboutissement d'un cheminement mis en scène dans une salle du musée des Beaux-arts. Elle est souvent trop petite. Ce lundi de Pâques, il a fallu refuser du monde pour la visite guidée. L'accès à la salle a aussi été temporairement restreint vu l'affluence. Pascal Le Boëdec a captivé la quarantaine de privilégiés qui suivaient le guide. «Le tableau est sorti quatre fois en 120 ans et seulement dans les grandes capitales. C'est un événement de le voir à Quimper». Le guide restitue ensuite l'importance du tableau de Gauguin dans l'histoire de la peinture. La vision du sermon ouvre l'époque de l'art moderne. «Je ne suis pas spécialiste, juste une fan, dit Annie, interrogée dans la foule. J'ai déjà vu l'exposition Gauguin à Paris, en 2000 je crois. Au-delà de la peinture c'est l'histoire, la vie des artistes qui m'intéresse. Avant cette visite guidée, je n'ai rien lu. C'est ensuite que viendront les lectures». Pascal Le Boëdec approche du chef-d'oeuvre avec son groupe. Depuis l'entrée dans la salle l'oeil des visiteurs a été marqué par le rouge qui domine le tableau. Le guide explique la scène, raconte les personnages, décrit des gestes de lutte bretonne dans le combat de Jacob avec l'Ange. Difficile de ne pas être saisi par la force du tableau. Bruno, un parisien d'origine quimpéroise a suivi la visite avec son épouse. «C'est extraordinaire, dit-il. Cette exposition est très pédagogique et intelligemment présentée. Je connaissais l'histoire, ici je la vis. La mise en scène est très bien faite». Hélène, venue de Brest, trouve «exceptionnelle» la présence de ce tableau à Quimper.

source Le télégramme édition du 15 Avril 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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