Le Japon et les peintres du Pouldu

Publié le par ebft


Exposition estivale à la maison Marie-Henry de Clohars


La maison Marie-Henry fut un temps le repaire de Gauguin et de ses amis peintres. Reconstituée, l'ancienne auberge accueille maintenant des expositions en rapport avec cette période. Cette année, le Japonisme est mis à l'honneur.

 

Absence de perspective, délimitation des personnages par un trait noir, épuration des décors de l'arrière-plan : ces caractéristiques sont propres aux estampes japonaises. Et pourtant, on les retrouve dans de nombreuses peintures de Gauguin et de ses amis peintres : Émile Bernard, Paul Sérusier... Tous ont séjourné pendant un temps à l'auberge Marie-Henry du Pouldu et ont alors subi l'influence de ce courant baptisé Japonisme. Gauguin notamment l'appréciait particulièrement, au point de collectionner et de pendre au mur ces fameuses estampes.

Pendant l'été, l'auberge offre ses murs à une trentaine d'oeuvres originales, réalisées par les peintres influencés par le Japonisme. On y retrouve par exemple La Vague d'Henry-Gustave Jossot, représentant ce courant submergeant la peinture classique. Tout un symbole... Le Portrait présumé de Madeleine en kimono d'Émile Bernard est lui aussi un hommage non voilé à la peinture orientale.


L'auberge restaurée


Cette exposition temporaire n'est cependant qu'une petite partie des oeuvres visibles à la maison Marie-Henry. Cette dernière a été entièrement reconstituée. On peut donc y retrouver le comptoir en zinc, de vieux ustensiles de cuisines, du mobilier ancien d'époque... Il est également possible de visiter les chambres qu'habitaient les peintres. Celle de Gauguin voit déjà des photos de Tahiti orner ses murs. Tahiti où le peintre va bientôt partir. Celle de Filiger est appelée « la chambre mystique ». Des gravures pieuses, ultra classiques, y côtoient des oeuvres visionnaires telles que Le Paysage du Pouldu, pourtant réalisées à la même époque. Mais la maison Marie-Henry vaut surtout pour sa salle à manger, décorée par les peintres de passage. Là encore, la pièce a été restaurée. Si les oeuvres originales ont été vendues depuis longtemps, elles ont été fidèlement reproduites. Le visiteur peut ainsi admirer le plafond peint par Gauguin à même le bois, les portes où s'étalent les portraits des maîtres, les murs colorés.

source Ouest France édition du 6 Août 2005

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