Dans l'atelier de Claude Huart

Publié le par ebft

La Galerie du Faouëdic consacre jusqu'au 20 juillet une belle et vaste exposition à Claude Huart, graveur breton renommé. Installé à Clohars-Carnoët, son atelier raconte une vie entière consacrée à l'art. Rencontre. Il vit presque dans une de ses gravures. Claude Huart a posé ses gouges et ses pinceaux dans un penty sur les falaises de Porsac'h, d'où il entend la mer gronder les jours de grand vent. Un petit jardin qu'il peint sous toutes les coutures, une cabane de gravure cachée sous les arbres, un atelier de peinture où la lumière entre à flots, qu'il ne cesse de reproduire à la façon d'une nature morte de Matisse, et une petite cuisine où il prépare des plats exotiques. « J'ai même commencé à écrire un livre de cuisine, ça m'amuse beaucoup».

Gravure en automne

Dans la pièce à vivre, une solide table rustique lui sert de table à dessin, il s'y installe pour croquer des illustrations, reproduire de petits formats, creuser le bois avec pointes et gouges... « Je me mets à la gravure à l'automne, les gens ont pris l'habitude de me demander des gravures pour Noël ! ». Une vie basée sur les cycles, les rythmes, les saisons. « J'ai des chevalets à l'île Maurice, aux Seychelles et à Bora Bora, j'y passe un mois l'hiver, et je rentre avec mes dessins et mes peintures roulés dans ma valise ».

Peinture en été

Ses journées, Claude Huart les commence tôt. Levé avec la lumière, vers 5 h, il est au travail dès 6 h. Une pause à 8 h 25 tapantes. « Les magasins ouvrent à 8 h 30, à cette heure-là, on est trois dedans, toujours les mêmes, on est tranquille ». Retour à 9 h pour peindre ou dessiner. Deuxième pause à midi pour déjeuner et on s'y remet. Au lit à 22 h maximum. Et sinon ? « Je fais un peu de jardin, je donne à manger au chat de la voisine, je reçois des visites, j'écris de petites choses... ». Et au travail, encore. « J'ai toujours voulu devenir peintre, mes premiers tubes de peinture, je les ai achetés à treize ans, inspiré par les imagiers d'Épinal ».

Peindre les couleurs

Sur un meuble, une nature morte sur fond rose, des fleurs et la cafetière de Séraphine, sa grand-mère. « C'est une commande. Les gens viennent et me demandent une toile dans le genre d'une autre, avec des couleurs comme ça, ou comme ça ». La mer au bout du chemin, des compositions d'objets, des fruits. « Et un peu d'invention. Mais je n'ai pas d'idées. Je profite des bonnes choses. Je peins ce que je vois, mais je vois ce que je veux ! »

source le télégramme édition du 15 juillet 2008

Publié dans Claude Huart

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