Gravure - Huart et Boislève au Faouëdic à Lorient

Publié le par ebft

Jean-Yves Boislève
à gauche,
dans l'atelier de Claude Huart,
à droite, à Clohars-Carnoët.









Ce sont deux graveurs mais aussi deux directeurs de l'Ecole d'art de Lorient qu'invite la Galerie du Faouëdic, jusqu'au 20 juillet, avec « Deux hommes de l'estampe », une exposition consacrée à Claude Huart et Jean-Yves Boislève. C'est une très belle exposition que celle de ces « Deux hommes de l'estampe », la découverte d'une gravure moderne, dynamique, gourmande, sensuelle aussi. Du noir et blanc aux couleurs qui explosent, à aucun moment cette estampe-ci n'est ennuyeuse, et chaque image invite à un voyage, à la suite de ces deux graveurs au trait nerveux et vivant. De cette relation étroite avec la matière, ces artistes artisans ont su faire leur richesse, créant des images qui touchent l'émotion, l'intime et réjouissent les amateurs de graphisme.

Hommes de l'art

C'est sur cette similitude de technique que s'est créée l'exposition mais pas seulement : les deux hommes sont d'anciens directeurs de l'Ecole d'art de Lorient. Claude Huart a été le créateur de la première École des beaux-arts, lorsqu'elle n'était que municipale, à Lanveur, puis rue Jules-Legrand. Professeur d'arts plastiques au lycée Dupuy-de-Lôme, Huart fut choisi par la Ville pour diriger cette école où enseignèrent les grands noms de la création lorientaise : le sculpteur Paul Quatrevaux, les peintres Gérard Gautron ou Henri Joubioux.

L'art à Lorient

Claude Huart restera directeur de 1964 à 1987, suivant l'école dans ses différents locaux et faisant ouvrir un atelier de lithographie avec plusieurs presses. Huart et Boislève se battront tous deux pour sauver l'école, menacée d'un regroupement régional, mais c'est Boislève qui vivra l'aventure du déménagement à Kergroise (voir ci-dessous) en 2000, dans cette ancienne fabrique de peinture, reconvertie en école, où la gravure tient toujours une très grande place. Chacun de ces deux graveurs poursuivra une carrière à l'oeuvre prolifique, artistes avant d'être gestionnaires; Claude Huart n'avait pas exposé à Lorient depuis treize ans et jamais un hommage d'une telle importance n'avait été consacré à Boislève.

Emouvoir et toucher

Dans l'espace du Faouëdic, les oeuvres de chacun se font face et se répondent. La Bretagne de Huart en gravure, en peinture, les textes de ses amis poètes, Xavier Grall, Glenmor, Marie-Françoise Le Drian, illustrés par ce passionné de typographie. Les criques de Porsach', les combes du Pouldu, les cailloux de Pont-Aven, les courbes de la Laïta, une Bretagne proche et mystérieuse à la fois, mais aussi des influences de la Guadeloupe, du Costa Rica ou de Papeete. Huart dessine simple, d'un trait épais, presque cubiste parfois, très stylisé, presque enfantin, avec une force d'évocation entre peinture et illustration, qui frappe fort et touche sa cible à chaque fois.

source le télégramme édition du 2 Juillet 2008

Publié dans Claude Huart

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