La Maison Marie-Henry a un nouvel hôte : Huart

Publié le par ebft

Le pays de Quimperlé accueille une pléïade d'artistes réputés. Un exemple : le Cloharsien Claude Huart, bien connu pour ses gravures sur bois, mais qui est un touche-à-tout talentueux au parcours professionnel très riche. Depuis samedi, il expose à la Maison Marie-Henry, au Pouldu. Depuis des années, il ne s'était pas confronté au public, et c'est donc une occasion en or de vérifier que ses mains sont toujours porteuses de magie.

 

Le peintre et graveur Claude Huart présente une exposition depuis samedi à la Maison Marie-Henry, de Clohars. C'est un véritable événement : il ne s'était pas prêté à une telle confrontation publique depuis des années.

 

En réalité, si ses expositions se sont faites si rares, ce n'est pas parce que Claude Huart, drapé dans sa solitude d'artiste, aurait décidé de s'enfermer dans une improbable et hautaine citadelle. Non, c'est tout simplement parce que pour pouvoir exposer, il faut des oeuvres... disponibles. Or, dans sa longère de Kerguélen, à Clohars, Claude Huart a très peu de stock. Ses innombrables oeuvres, on les trouve chez les particuliers, dans des galeries suisses (notamment à Montreux), à la Bibliothèque Nationale, au Cabinet des Estampes, à la Bibliothèque Nationale de Madrid, à l'Alliance Française de San José (Costa Rica)...


Comme on respire

Bref, à peine nés, les fruits de son inspiration ont une fâcheuse tendance à s'envoler. Et çà continue : «J'ai cinq commandes en cours», dit-il. A 74 ans, Claude Huart continue à peindre comme on respire : sans savoir pourquoi. Et avec quel talent ! «Je me lève tous les matins à 7 h», dit-il. «Et je travaille entre 9 h et 12 h et entre 14 h et 18 h.» Ce n'est pas pour autant un stakhanoviste. «Je n'aime pas souffrir, je n'aime pas la difficulté», précise-t-il. Bref, quand il peine trop sur une toile, il s'attaque provisoirement à une autre oeuvre. Avec parfois des provisoires qui durent. Une anecdote : «En 1975, j'avais commencé un grand tableau de Doëlan. Je l'ai repris seulement en 1990, et beaucoup plus petit.» Et puis, Claude Huart adore l'éclectisme : l'exposition de la Maison Marie-Henry en constitue la meilleure preuve. Comme en avait témoigné également la grande rétrospective de son oeuvre qui avait été présentée il y a dix ans déjà sur les cimaises de la galerie du Faouëdic, à Lorient.

Il touche à tout

Il touche à tout, cet homme : huiles, aquarelles, pastels, poterie..., et bien sûr la gravure, pour laquelle il a aménagé un petit cabanon au fond de son jardin. Les estampes en bois perdu de Claude Huart, tout le monde connaît; et c'est avec émotion qu'on se souvient des illustrations avec lesquelles il avait agrémenté et enrichi certains ouvrages de ses compagnons Xavier Grall et Glenmor. Dans ce lumineux atelier dont les baies vitrées font corps avec le jardinet et la nature si proches, Claude Huart est entre parenthèses, avec pour seuls complices ses tubes, ses pinceaux et son chevalet; et on ressort presque sur la pointe des pieds. «Huart peint», pour paraphraser la chanteuse. Alors, chut ! et chapeau bas. L'exposition est visible jusqu'au 31 mai 2005.

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source le télégramme édition du 12 avril 2005

Publié dans Claude Huart

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