200 oeuvres du musée breton de Quimper en Roumanie

Publié le par ebft


Faïences, costumes, vaisseliers, tableaux, estampes, dessins vont être exposés pendant quatre moisen Roumanie. La première expo consacrée à la Bretagne dans ce pays.

 

Quatre jours dans un camion avec deux chauffeurs hongrois qui ne parlaient pas un mot de roumain. Monica Enache, conservatrice du Musée national d'art à Bucarest se souviendra longtemps de cette incroyable odyssée de plus de 2 000 kilomètres pour convoyer 77 tableaux de peintres de son pays jusqu'au musée breton, à Quimper, en juin.

Eh bien, elle a refait le même chemin... mais à l'envers, de la Bretagne jusqu'à la Roumanie. Avec, en plus dans ses bagages, deux cents oeuvres prêtées par le musée breton : faïences, costumes, vaisseliers, tableaux, estampes, dessins... « Tous emballés dans 46 caisses capitonnées et dûment étiquetées. Un boulot colossal », n'en revient toujours pas Margareth Le Guellec - Dabrowska, conservatrice adjointe à Quimper.

« Au bout de la terre »

Toutes ces oeuvres seront exposées à partir du 5 novembre au Musée national d'art, à Bucarest. « Le plus grand musée de Roumanie, installé dans un ancien palais royal. Ce sera la première exposition consacrée à la Bretagne dans ce pays. Elle durera quatre mois », prévient Monica Enache.

Au même moment, une autre exposition avec les collections du musée des Beaux-Arts de Rennes s'ouvrira à Sibiu, en Transylvanie, à trois cents kilomètres environ. La Roumanie, entrée dans l'Union européenne en 2007, se met-elle à l'heure bretonne ? Margareth Le Guellec - Dabrowska hoche la tête avec un grand sourire. Elle est très fière de ce partenariat. « Ici, à Quimper, nous sommes au bout de la terre. Mais, à notre petite échelle, nous sommes en train de réussir une Europe de la culture. »

« Rêve, idéal et élans fous »

Le transport des tableaux entre la Roumanie et Quimper, au début de l'été, a été payé par le musée breton (financé par le conseil général du Finistère). L'exposition a attiré quelque 30 000 visiteurs. Coût total : 140 000 €. Le voyage retour, lui, est financé en grande partie par la Roumanie. Qui se chargera aussi de rapatrierles oeuvres prêtées.

Un juste retour des choses pour ces peintres roumains qui ont sillonné l'Europe de la fin du XIX e jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les ateliers parisiens, où certains ont côtoyé Monet, Renoir, Matisse, ils ont entendu parler de la pointe de la Bretagne. Sont venus par dizaine peindre le bout du monde, de Beg-Meil à Concarneau. La France était pour eux « le pays du rêve et de l'idéal, des élans fous et des envolées radieuses », écrivait l'un de ces expatriés, Alexandru Bodgan-Pitesti, poète et collectionneur.

Aujourd'hui la Bretagne s'envole radieusement chez eux. Qu'est-ce que les Roumains vont en penser ? « Ils seront enchantés de découvrir ces traditions inconnues d'eux », est persuadée Monica Enache.


Yann-Armel HUET.

Source Ouest France édition du 22 octobre 2009

Publié dans Beaux-Arts de Quimper

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